Les morts stupides de l’Histoire de France

On se pose souvent la question: comment tel ou tel personnage historique est mort? Il y en a, à l’image de Jeanne d’Arc ou de d’Artagnan, qui sont morts de façon héroïque mais d’autres n’ont pas eu de chance. C’est l’histoire de leur mort insolite que je vais vous raconter.

Attention à la tête!

Je vous ai déjà présenté le Roi Charles VIII dans mon article sur les châteaux de la Loire.

Charles VIII vécut au château d’Amboise au XVème siècle. Pour des raisons politiques et pour obtenir le territoire de Bretagne, il se maria avec Anne de Bretagne. Sa femme n’arriva pas à lui donner d’héritier, elle enchaîna les fausses couches ou les morts prématurées des nouveau-nés.

Ce fut durant les festivités de Pâques de 1498 que le Roi mourut. En se rendant vers les faussés du château d’Amboise pour assister à une partie du jeu de paume, il se cogna violemment la tête contre un linteau de porte. Pourtant de petite taille, il aurait pu facilement éviter l’accident, mais la fatalité sembla s’abattre sur lui. Il resta tout d’abord étourdi et assista aux festivités. Ce ne fut que quelques heures plus tard qu’il s’effondra par terre d’une apoplexie.

Si vous voulez savoir ce qui arriva à sa femme je vous invite à lire l’article suivant 🙂

Uriner peut-être dangereux

Antoine de Bourbon était le père d’Henri IV. Il était l’époux de Jeanne d’Albret de Navarre. Durant les guerres de religion, il hésita à prendre le parti huguenot de sa femme ou rester catholique. Finalement il choisit le camp des catholiques et partit guerroyer dans l’armée du Roi Charles IX.

Il combattit durant le siège de Rouen, place forte tenue par les Huguenots. il profita d’un moment pour aller se soulager contre les remparts de la ville. Manque de bol, il reçut un tir d’arquebuse. Le célèbre médecin de l’époque, Ambroise-Paré, lui prédit un destin funeste s’il ne se soignait pas. Il s’en moqua et mourut des suites de cette blessure.

Jeux enfantins

On reste dans la famille d’Henri IV. Henri IV eut deux frères qui sont tous les deux mort en bas âge: Henri duc de Beaumont et Louis-Charles comte de Marle.

Henri duc de Beaumont n’atteignit pas ses un an. Il mourut à cause des soins un peu trop attentionnés de sa gouvernante. Après l’avoir trop emmailloté et laissé dans un endroit chaud, elle retrouva le bébé asphyxié.

Quant à Louis-Charles comte de Marle, il réussit à atteindre ses deux ans. Il fut victime d’un jeu étrange entre sa nourrice et un gentilhomme qui transformèrent l’enfant en ballon de volley-ball. Les deux adultes s’amusèrent à le lancer d’un bout à l’autre de la pièce. Le gentilhomme voulut faire une feinte pour blaguer, il ne réussit pas à rattraper l’enfant à temps. Le bébé passa par la fenêtre et eut les côtes cassées. La nourrice essaya de cacher l’accident. L’enfant mourut quelques jours plus tard de ses blessures.

Se planter un bâton dans le pied

Jean-Baptiste Lully etait le compositeur de la cour de Louis XIV. Il faitsait parti des plus grands artistes du grand siècle et il a collaboré avec Molière pour créer un nouveau style de spectacle: la comédie-ballet. Il obtint le monopole sur la musique classique et l’Opéra. D’un caractère souvent colérique, un jour il s’emporta contre son orchestre et se planta le bâton qui servait à frapper la mesure dans le pied. Ironie du sort, les musiciens étaient en pleine répétition d’un Te Deum pour le rétablissement du roi.

Les docteurs voulurent l’amputer pour éviter que la gangrène ne se propage plus, mais il refusa catégoriquement de perdre sa jambe et laissa la gangrène le tuer.

Le boulet meurtrier

Henri de la Tour d’Auvergne, plus connu sous le nom de Turenne était l’un des meilleurs généraux de Louis XIV. Il y a plusieurs versions de sa mort. Je me suis donc appuyée sur une lettre de madame de Sévigné à Monsieur de Grignan pour vous la raconter:

« Il va sur cette petite colline avec huit ou dix personnes. On tire de loin, à l’aventure, un malheureux coup de canon, qui le coupe par le milieu du corps ; et vous pouvez penser les cris et les pleurs de cette armée. » (extrait de la lettre 406, Pléiade)

Turenne mourut en pleine guerre de Hollande. Une guerre qui opposa la France et ses alliés aux Provinces-Unies ou Pays-Bas Espagnols dont la Hollande faisait partie. Turenne enchaîna les victoires, mais il fut tué par hasard à la bataille de Sasbach. Ce jour là, il partit en éclaireur avec quelques soldats. Pas de chance, dans le clan d’en face, un artilleur allemand était en train d’essayer son canon. Il lança un tir d’essai et le boulet tua Turenne. Mais s’agit-il là vraiment du hasard?

Mourir dans les bras de Vénus

La mort de Félix Faure, président de la IIIème république, connue un retentissement sulfureux. Il est mort d’une apoplexie foudroyante. Jusque là rien d’extraordinaire, mais il rentra à la postérité à cause des circonstances de sa mort. En effet, le président mourut en galante compagnie, dans les bras de sa maitresse: Marguerite Stenheil.

Est-ce une fellation qui lui fut fatal? en tout cas Clémenceau dira: « il a voulu vivre César, il est mort pompée. »

Se prendre pour un oiseau

Franz Reichlet etait un tailleur autrichien qui vivait à Paris au XIXème siècle. Avec le début de l’aviation, Franz Reichlet s’intéressait à la conception des premiers parachutes et souhaitait apporter sa contribution en créant une sorte de costume volant. Son costume s’inspirait des ailes des chauves-souris. Il fit plusieurs essais avec des mannequins dans la cour de son immeuble, puis du premier étage de la tour Eiffel. Toutes ces expériences ne marchèrent pas. Mais il s’entêtât en continuant ses essais jusqu’à devenir lui-même cobaye. Il décida de se jeter du premier étage de la tour Eiffel le 4 février 1912. Evidemment, arriva ce qui arriva, ses ailes de chauve-souris ne se déployèrent pas et il se fracassa contre le sol gelé.

Pour les curieux, une vidéo existe de cette mort sur youtube, c’est ce qui l’a rendu célèbre de nos jours. On voit l’inventeur hésiter plusieurs secondes avant de se lancer.

Les policiers et les journalistes présents n’ont pas dissuadés Franz Reichlet de sauter. Pour ne pas être inculpés pour non assistance de personne en danger, la préfecture de Police se contenta de transformer cette tragédie en suicide.

Mourir au mauvais moment

Augustin Trébuchon a eu la malchance d’être connu pour être le dernier soldat français mort durant la 1er guerre mondiale. En effet, le pauvre homme mourut cinq minutes avant l’armistice. Il fut mobilisé à l’âge de 36 ans en 1914. Il avait une fonction d’estafette, c’est-à-dire qu’il se chargeait d’apporter le courrier ou les messages entre les différents régiments. Le 11 novembre 1918, son régiment se tenait au niveau de la Meuse. Le régiment apprit la nouvelle de l’armistice dès l’aube, mais l’armistice stipulait un cessez le feu à 11H. Augustin Trébuchon mourut à 10h55 d’une balle dans la tête en apportant un message à son capitaine.

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